Comment le livre fit entrer le Japon dans ma vie (5e et dernière partie)

with Aucun commentaire

Et quels sont les autres aspects de ton métier que tu as envie de partager avec nous ?

Pour finir ce long exposé de ma vie de relieur, j’avais envie de vous faire partager une étape un peu plus technique, la réalisation d’un livre en reliure à la Bradel (du nom de son inventeur supposé, autrefois une reliure d’attente, qui permettait au livre de ne pas s’abîmer en attendant sa reliure définitive dans l’atelier de reliure) et qui donne une idée de ce qu’est notre métier, des outils dont nous avons besoin et du temps que ça prend de faire un livre dans les règles de l’art. Je n’évoque pas les temps de presse et de séchage que l’on ne compte pas dans le travail mais qui existent néanmoins et augmentent le temps avant que le livre ne soit terminé.

Une reliure à la Bradel se fait en moyenne en 80 étapes quand il s’agit d’un livre à remettre en état, guère moins quand on décide de faire un livre blanc (livre à remplir avec de l’écrit, du dessin…).

Ci dessous quelques étapes seulement, mises en image pour comprendre le processus :

1 le matériel pour réaliser un livre : papiers divers pour l’intérieur et l’extérieur, fil de couture en lin, ruban, colle, mousseline pour renforcer le dos du livre, cartons pour les couvertures, carte à dos pour le dos du livre.

et quelques outils : scie à grecquer pour faire les trous de couture dans le dos du livre, marteau pour créer l’arrondi du dos, pinceaux pour la colle, compas à pointes sèches pour prendre des mesures, équerre à talon pour que le livre ne soit pas bancal.

2 les feuilles pliées et assemblées forment des cahiers : il y a 10 futurs livres sur la photo

3 le grecquage : étape où l’on fait des trous dans le dos des cahiers pour faire ensuite la couture

4 la couture dans le cousoir

5 le rognage des tranches : pour que les feuilles soient bien nettes et sans petites barbes, on utilise un fût à rogner (quand on a plus de budget, on le fait avec un massicot, autrefois, cela se faisait manuellement et uniquement au fût à rogner) : cela permet de couper les tranches avec une pointe spécifique, le livre serré dans l’étau du fût à rogner.

6 Avec le marteau à endosser, on va créer l’arrondi du dos du livre et former par la même occasion la gouttière du livre à l’opposé : c’est l’endroit arrondi que l’on aime bien faire glisser dans ses doigts quand on feuillette un livre.

7 la pose des gardes couleurs et de la mousseline de renfort pour le dos

8 la préparation des plats pour la couverture et de la carte à dos à façonner

 

9 la couverture montée

10 le papier de couvrure est posé, il reste à associer le volume à la couverture

 

 

11 et le livre fini !

Répondre