Comment le livre fit entrer le Japon dans ma vie (partie 3)

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Et le papier dans tout ça? J’aimerais bien que tu nous parles des papiers occidentaux et japonais que tu utilises et tes sentiments, ta relation avec le papier…

C’est avec Yamazaki Seinsei que j’ai découvert le papier, sa richesse et le plaisir de le travailler. J’avais déjà eu un bel aperçu des différents types de papiers que l’on pouvait travailler avec la reliure française notamment pour la partie réparation de livres qui nécessite beaucoup d’agilité et d’ingéniosité : réparer une déchirure, combler un trou, renforcer un endroit plié pour qu’il ne se déchire pas… mais c’était le papier dans son utilité pas dans sa richesse de création.

Avec le papier japonais et le papier de façon générale au Japon d’ailleurs, un univers s’ouvrait à moi ! Quel plaisir d’aller dans les immenses magasins de papiers et de pouvoir toucher, sélectionner en fonction des épaisseurs, des matières, de la douceur, de la longueur des fibres et de leur sens, de la résistance, des motifs pour les papiers décorés. Il ne se passait pas une fois sans que je ressorte de là, les bras chargés de papiers et des idées plein la tête.

Le papier est devenu mon matériau de prédilection avec le fil. J’ai beaucoup travaillé à la réalisation de livres en reliure sans colle. Reliures simples, souples, solides, avec un bon rapport qualité prix pour les clients et que je propose aussi volontiers en cours collectifs parce qu’ils permettent une bonne entrée en matière dans la réalisation d’un livre et que le résultat est au rendez-vous.

En France, j’ai la chance d’habiter pas très loin d’une papeterie artisanale (Zuber Rieder) qui fait de très beaux papiers avec des coloris très intéressants, des grammages variés et sur de très grands formats ce qui me permet de faire des livres dans des formats complètement libres (carrés, très longs ou très grands, très petits aussi…) loin des formats classiques que l’on peut trouver de-ci de-là.

Ce que j’apprécie dans le travail du papier c’est que c’est un matériau financièrement accessible (point très important, au moment où chacun fait attention à son budget) contrairement au cuir et malgré tout, très exigeant. Réaliser une mosaïque de papiers est sans doute aussi difficile qu’une mosaïque de cuir. Il a une bonne résistance et en même temps nécessite plus d’attention car il se déchire plus vite qu’un morceau de cuir.

Le kirigami (art de découper le papier) donne aussi de très beaux résultats en reliure de décors.

Exemple de kirigami détail du premier plat de la Revue Verlainienne, reliure plein toile rouge, reliure IA 2013, Collection Bibliothèque Léon Deubel, Belfort.

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